Emilie

Une expérience hors du commun, enrichissante à ne pas rater

Emilie, publié le 14 mai 2020.
A propos de moi

Je suis Émilie, j'ai 21 ans et je suis étudiante en sciences humaines et sociales à l'ULB.

A propos de mon voyage

Après ma rhéto je suis partie à Asuncion, la capitale du Paraguay, faire du volontariat.

En quelques mots

Mon papa était parti un an aux États-Unis quand il a eu 18 ans et m’en avait parlé. J’ai rêvé, très jeune, de partir comme lui. Une fois mes études secondaires terminées j’étais perdue quant à mon orientation d’études supérieures. J’avais besoin d’aventure, soif de découverte. J’étais sûre de moi, il fallait juste que je me lance.

Si je devais décrire mon expérience en 3 mots, ce serait ceux-ci : découverte, enrichissement et maturité. Je suis partie vers le Paraguay en août 2016. Je partais pour une durée de 11 mois et j’ai fini par rallonger mon séjour d’un mois, ce qui fait que je suis restée au Paraguay durant 1 année complète. Le Paraguay n’était pas mon premier choix.

Au départ, je voulais partir 6 mois au Danemark puis 6 mois au Mexique. Ce qui m’a fait changer d’avis, c’est la peur de ne pas avoir le temps de profiter pleinement des deux séjours (car il faut compter 3 mois d’adaptation) je me suis donc dirigée vers la liste des pays pouvant m’accueillir 1 année complète (le Mexique n’en faisait pas partie) et en parcourant cette liste, je suis tombée sur le Paraguay. Pays dont je n’avais presque jamais entendu parler, cela m’a attiré. Et c’était un bon choix selon moi. J’ai été accueillie dans une famille formidable. J’avais 6 sœurs adorables, dont 2 avec qui je vivais et avec qui je me suis très bien entendue.

La partie découverte de mon voyage a été principalement dans la découverte et l’adaptation à une nouvelle culture. Mais aussi dans les différents voyages que j’ai eu l’occasion de réaliser avec ma famille d’accueil, les amis de mon organisme d’envoi et même mes amis paraguayens. La partie de l’enrichissement rejoint la découverte, je pense que connaître une nouvelle culture et une nouvelle manière de vivre a été très enrichissant pour moi. Voir à quel point les vies peuvent être différentes et en même temps similaires sur deux continents différents.

Pour finir, j’ai grandi, je suis rentrée avec un bagage de maturité bien plus rempli qu’à mon départ. J’ai appris à être indépendante, à prendre des décisions… Mon travail de volontariat m’a apporté énormément. C’est sur ce point que je dirais que mon voyage m’a fait évoluer au niveau de la maturité.

Les premières semaines…

Les premières semaines ont été éprouvantes. L’apprentissage d’une langue est très fatigant. Je ne connaissais rien en espagnol et cela nécessitait une concentration constante pour pouvoir communiquer, comprendre les autres et surtout se faire comprendre. Personnellement, j’ai eu besoin de 2 mois entiers pour oser communiquer, je voulais parler correctement et pour ce faire, j’ai pris quelques cours de langues et j’écoutais toutes les conversations très attentivement. Pendant ces 2 mois, je ne parlais pas beaucoup et je me sentais assez seule, j’ai trouvé le temps long et j’ai eu peur en pensant à l’année que je devais passer là-bas, loin de mon confort. Une fois que je me suis sentie plus à l’aise dans la communication (+/- à partir d’octobre), je me suis très vite sentie mieux et plus « intégrée ».

Ce qui m’a surpris

J’ai été surprise par le rythme de vie que les Paraguayens ont (je parle surtout de la capitale). En effet, ma maman ici en Belgique est institutrice, j’ai donc toujours été habituée à voir ma maman partir au travail assez tôt le matin et rentrer à la maison en fin d’après-midi. J’ai donc été surprise quand j’ai vu mon papa d’accueil partir tôt le matin et revenir tous les jours à la maison à l’heure de « la sieste » (entre midi et 15h) puis repartir au travail jusqu’à 21h le soir ! Ce rythme entraîne une autre habitude qui m’a surprise : on mange 4 repas par jour et non 3. Il y a le petit déjeuner, le dîner à midi, le « merienda » vers 16-17h et le souper vers 21-22h. Le « merienda » n’est pas un vrai repas consistant comme les deux autres, c’est un peu comme un goûter, mais plus consistant que les goûters que j’ai eu l’habitude de manger en Belgique. Au début je refusais poliment ce « merrienda », mais je me suis vite rendu compte que souper vers 21-22h était une habitude et que j’avais très faim en ne mangeant rien entre midi et cette heure. J’ai donc pris l’habitude prendre le « merienda » aussi !

Un projet de volontariat qui a du sens… ou pas

Quelque chose qui m’a réellement déplu, c’est le fait d’avoir dû travailler en tant que VOLONTAIRE dans un collège PRIVE (donc pour les familles ayant des moyens ; il n’existe que 2 classes sociales au Paraguay). J’ai changé de volontariat 3 fois avant de ressentir réellement que je servais à quelque chose et que mon aide était importante pour les personnes avec qui je travaillais.

Des difficultés… surmontées !

Je pense que je me suis retrouvée 3 fois face à des difficultés. Au début, après 2 ou 3 semaines, j’ai eu l’impression que je n’arriverais pas à « tenir » pendant une année entière. J’avais l’impression d’être en vacances et que j’allais bientôt rentrer, et quand j’ai vraiment réalisé que j’allais passer une année entière loin de ma famille et de mes amis, j’ai eu un petit moment de stress. J’ai eu très peur du temps qui passerait sans moi dans mon pays d’origine, peur qu’on « m’oublie ». Mais j’ai surmonté cette difficulté grâce à une amie que je me suis faite au Paraguay et qui vivait la même chose que moi. Le mieux dans les moments de difficulté, c’est la communication, le simple fait d’en parler m’avait fait du bien. J’ai transformé ce stress en motivation et en joie d’avoir l’opportunité de vivre une telle expérience.

La deuxième difficulté s’est présentée plus ou moins à la moitié de mon année, vers le 6e mois. Lorsque je me suis rendu compte que j’étais DÉJÀ à la moitié de mon expérience et qu’il ne me restait « que » 6 mois à passer au Paraguay. J’ai eu mon deuxième moment de stress, j’ai eu peur de ne plus avoir assez de temps, j’ai eu l’impression de ne pas avoir assez profité…. Mais j’avais pris l’habitude d’écrire dans un petit carnet (que j’avais pris avec moi de Belgique) toutes (ou presque) les activités que j’avais faites. Un peu comme un journal dans lequel j’écrivais mes expériences, mes voyages, mes ressentis. Ce qui m’a aidé à surmonter cette difficulté a été de relire ce carnet et de me rendre compte de la quantité de choses que j’avais déjà pu faire en 6 mois. Cela m’a rassuré de me dire que j’avais encore le temps de faire et d’écrire encore le double !

La dernière grosse difficulté a été le moment du retour, le moment de dire au revoir… Une vie tout entière que j’avais construite en si peu de temps et qui signifiait tant. Un nouveau pays, de nouvelles villes, une nouvelle famille, de nouveaux amis, les uns plus importants que les autres. On a eu tant de choses à faire et si peu de temps. Un matin j’avais quitté mon confort, le lendemain je construisais mon nouveau moi, ma nouvelle vie, des nouvelles pensées… et puis d’un coup je me retrouvais, 11 mois plus tard, à devoir dire au revoir à tout et tout le monde en ne sachant pas si je reviendrais un jour, ni même si je reverrais toutes ces personnes que j’avais rencontrées. Ce n’était pas juste une année dans ma vie, c’était toute une vie dans une année. Et cette étape a été très difficile pour moi. Au retour, les premières semaines chez moi ont été difficiles, j’ai eu l’impression d’être étrangère, de ne plus être la même personne que j’étais lorsque j’étais partie. J’ai perdu beaucoup d’amis parce qu’on n’avait plus les mêmes centres d’intérêt. Mais les vrais amis et ma famille ont su me remettre à l’aise et être à l’écoute.

Bref

De cette expérience, je retire de la MATURITÉ, des amitiés, l’apprentissage d’une nouvelle langue et de l’indépendance. Alors, FONCEZ !

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Martin à Bruges, en Flandre

Apprendre une langueEuropeExpériences - 6 mois

Je venais d’obtenir mon bachelier en sciences politiques et le master ne répondait pas à mes attentes. J’avais toujours eu envie d’apprendre une langue, c’était le moment où jamais.